Écrire le silence
Il y a toujours un moment, dans un projet, où l’on comprend que le cœur de l’histoire n’est pas ce qui se dit. Mais ce qui se tait. Je m’en rends compte presque à chaque scénario, à chaque roman : les personnages parlent beaucoup, agissent, se débattent… et pourtant, ce sont leurs silences qui racontent le plus. Le silence n’est pas une absence. C’est une matière. Dans À distance, il s’agit d’une mère qui choisit de s’effacer pour protéger son fils. Dans Pourtant c’était ma mère, ce sont des décennies de non-dits familiaux qui refont surface à travers la maladie. Dans Version Officielle, le silence devient même un outil politique — une façon d’organiser le réel. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le secret spectaculaire. C’est le petit renoncement quotidien. La phrase qu’on ne prononce pas. Le geste qu’on retient. La vérité qu’on repousse à plus tard. Souvent, mes personnages croient bien faire. Ils pensent protéger. Ils pensent éviter la violence. Ils pensent préserver un équilibre frag
18 février 2026